Zia Maggiore, 2018
Ces images ont été réalisées dans la commune piémontaise de Cossano di Canavese et font suite aux Choses même et à la série 14 rue Montesquieu. L’artiste s’intéresse cette fois à la maison de sa tante et c’est comme un retour aux sources d’une histoire familiale plus ancienne. Réalisée à la chambre et au 24×36 numérique – une première –, la série Zia Maggiore réactive presque vingt ans plus tard l’esprit de la maison de la grand-mère.
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À nouveau, l’univers de la photographe se limite à un périmètre restreint, entrecoupé de grilles et de portails, s’étend des pièces de la maison au jardin, des cours intérieures aux rues adjacentes. Abandonnée mais jamais réinvestie, la maison conserve les traces de ses anciens habitants, des archives, des vêtements, du mobilier, tous retrouvés là comme sur un site archéologique à peine mis au jour, dont la photographe entend bien excaver, couche après couche, les strates mémorielles : une chaise sur laquelle s’imprime la vision de sa tante vaquant à différentes occupations ; un balai comme pris dans la cendre d’un temps révolu; une robe suspendue, écho de la robe de mariée des Choses même.
Plus que dans les autres séries enfin, les objets se font ici motifs. Interrupteurs ou plafonniers se découpent de manière presque abstraite sur des fonds dépouillés dont les tonalités, tantôt acides tantôt pastels, et les textures âpres, sont mises en relief par une lumière vibrante, qui donne une fois de plus une délicate valeur spirituelle aux images.
Andy Neyrotti, 23 septembre 2018