Les dimanches, 1996
Ces photographies sont une déambulation poétique à travers les activités de ce jour bien particulier, chômé par tradition. Essentiellement consacré au repos, au loisir, à la pratique d’un sport ou d’un hobby et aux réunions de familles, ce jour m’apparaît comme un des derniers bastions d’une société passée, en porte-à-faux dans un monde qui a la prétention de ne jamais vouloir s’arrêter.
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Le Dimanche reste un jour modeste, bercé par un ennui d’une qualité particulière. Il nie l’efficacité, la productivité, la compétitivité. Il évacue le paraître, et semble de plus en plus anachronique dans le monde actuel.
J’ai eu envie de lui rendre l’hommage qu’il mérite. J’ai voulu glorifier la gratuité de moments comme le désœuvrement, ou le « passe-temps », qui représentent des valeurs jugées aujourd’hui complètement désuètes et que j’estime pourtant fondamentales.
Les photographies sont réalisées à la chambre 4×5 sur des négatifs couleur grand format et elles sont mises en scène avec des amis ou de la famille.
Comme dans les autres séries sur la vie quotidienne, elles sont inspirées par le plaisir de décrire des vies modestes et simples derrière lesquelles une notion de sacré apparaît comme on peut le voir dans la peinture classique avec par exemple des scènes de genre hollandaise (Vermeer, Peter de Hook) ou française en particulier Chardin.