Rêve de Saône, 2021

Et si un parking ancré sur les berges de la Saône s’ouvrait d’abord comme un bouquet de lumières ? Il suffit pour cela de l’habiller d’une peau de verre capable de jouer avec les humeurs du ciel et les tendres clartés venues de la rivière. Une telle réalisation procède d’une magie : celle du vitrail.

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Mais les très anciens mystères de cette technique sont ici renouvelés et recomposés dans une chimie malicieuse qui jongle avec les combinaisons d’images, les superpositions d’instantanés et les incrustations de photos, selon un secret de composition qui devient une évidence quand le verre exalte les transparences et se met à jouer avec une gamme raffinée de bleus (…)  
En affichant ainsi son désir de respecter le lieu pour faire chanter les choses discrètes de la vie et de la ville, le travail de Véronique Ellena (on pourrait dire aussi bien sa musique), conduit avec la complicité du maître-verrier Pierre-Alain Parot, apparaît en fin de compte comme une forme de politesse urbaine raffinée. Parce qu’ici l’espace public n’est pas réduit à l’efficacité d’un simple outil urbain ; il n’a nul besoin de signes publicitaires agressifs ; au contraire, en proposant une sorte de boîte magique légère et sereine, ouverte avec générosité sur la lumière et la cité, et en rendant visibles les alentours et les dessous silencieux du site, ce projet révèle en définitive un sens très profond de l’urbanité puisque, pour tout dire, il rend la ville aimable.

Jean-Noël Blanc